Cotule pied de corbeau
(Cotula coronopifolia L., famille des Astéracées)

Description
Herbe annuelle des marais littoraux, aromatique, plus ou moins rampante, de 10 à 20-30 cm de long. Tige fistuleuse, glabre, de 3 à 4 mm de diamètre, radicante et plus ou moins ramifiée. Feuilles de 2 à 5 à 0,5 à 1,5 cm, entières ou avec quelques lobules latéraux. Fleurs jaunes groupées en capitules pédonculés, de 5 à10 mm de diamètre, sans fleurs périphériques ligulées. Fruits (akènes) comprimés et ailés.
En Corse, la floraison se produit au printemps (avril à juin), mais quelques pieds peuvent s’observer en fleurs en octobre. Les plantes meurent à l’approche de l’hiver.
Le vent et l’eau permettent la dissémination des akènes à faible et moyenne distance (moins de 400 m). À plus grande distance, c'est-à-dire d’un marais à l’autre, on suppose que les oiseaux d’eau, involontairement, la disséminent en transportant des akènes avec la boue collée à leurs pattes.
Répartition
Contrée d’origine : Afrique du Sud.
L’espèce est devenue subcosmopolite, et colonise les marais littoraux de nombreux pays sur tous les continents.
En Europe, elle est surtout fréquente sur la façade atlantique, du sud de l’Espagne jusqu’en Norvège. En Méditerranée, elle est abondante en Corse, en Sardaigne et dans les îles Baléares.
Ses semences germent de préférence dans des endroits dénudés, car perturbés par le pacage ou les activités humaines, sur des substrats variés (sable, limon, argile) mais humides ou inondés. L’espèce ne tolère pas l’ombre et ne résiste pas au froid. Elle supporte un certain taux de sel.
En Corse, elle a été découverte à Ajaccio en 1954. Puis elle a rapidement colonisé tous les plans d’eau littoraux de faible profondeur (moins de 30 cm). Il est probable que le surpâturage par les bovins a favorisé son expansion. Dans les marais littoraux de la Corse, c’est actuellement, l’espèce invasive la plus fréquente.
Nuisances
C. coronopifolia est un excellent compétiteur qui prélève rapidement les nutriments et produit une grande biomasse. Son important recouvrement des marais à faible profondeur d’eau gêne les germinations et le développement des espèces natives de petite taille. De plus, en se décomposant, ses débris élèvent la salinité du substrat ce qui nuit à la germination d’espèces indigènes. Ainsi, elle réduit fortement la biodiversité des marais de Corse.