Phytolaque d’Amérique, teinturier
(Phytolacca americana L., famille des Phytolaccacées)
(Cette plante est souvent nommée, à tort, « raisin d’Amérique »).


Description
Plante vivace par un imposant rhizome souterrain (géophyte), à tige aérienne presque complètement herbacée, un peu ligneuse à la base, robuste, dressée, rameuse, rougeâtre, de 1 à 3 m de haut, mourrant à l’approche de l’hiver. Au printemps, de nouvelles tiges aériennes apparaissent, issues du rhizome.
Feuilles alternes, entières, ovales-lancéolées et pétiolées, de 10-25 cm de long sur 3-10 cm de large.
Fleurs régulières, hermaphrodites, à 4-5 sépales blanchâtres puis devenant rouges, en grappes érigées à la floraison et pendantes quand les fruits mûrissent. 10 étamines et 10 carpelles soudés, contenant en tout 10 ovules qui deviendront 10 graines. La floraison a lieu d’août à octobre.
Fruits : baies de 0,8-1cm de diamètre, d’abord vertes puis rouges et enfin noires à maturité et ridées. Les baies sont mûres en automne et sont consommées par les oiseaux. Les graines peuvent rester 40 ans à l’état de dormance dans le sol avant de germer.
Répartition
Centre d’origine : Amérique du Nord (est des États-Unis).
Introduit en Afrique et dans les pays méditerranéens dès 1650 pour faire des encres, des pigments et, surtout, pour falsifier des vins rouges pas assez colorés, les rendant ainsi un peu toxiques. Elle fut cultivée au Portugal, en Espagne et en France.
Écologie
L’espèce est héliophile et ne peut se développer sous de grands arbres. Sa dissémination est endo-ornithochore : les oiseaux (étourneaux, tourterelles) consomment ses fruits et disséminent ses graines, ce qui étend l’aire de répartition de l’espèce. Les graines germent dans les milieux ouverts (clairières après des coupes forestières, bords des ripisylves, des prairies et des chemins). La plante affectionne les sols légers (sableux) et un peu humides, les jardins abandonnés, les endroits qui ont été perturbés par les engins de chantier et même les décombres (plante dite « rudérale »).
En Corse, elle est très fréquente dans toutes les vallées, depuis le bord de mer jusqu’à 300 m d’altitude en moyenne, mais il existe de rares observations de pieds vers 1000 m.
Nuisances
Par sa hauteur et, dans certaines conditions de milieu, par sa forte densité, le raisin d’Amérique gêne les espèces locales et modifie totalement le paysage à l’échelle des parcelles. Presque tous les départements français sont envahis.
La plante a des propriétés médicinales : elle contient, entre autres, une protéine antivirale. Il n’est pas recommandé de consommer ses feuilles ni ses baies, car la plante contient des produits toxiques pour l’homme. Les baies, de saveur douceâtre mais un peu âcre, donnent un suc rouge contenant l’acide phylotaxique, qui a servi à colorer le vin, les bonbons et les boissons sucrées.
Moyens de lutte
Jusqu’à présent, il n’y a eu qu’une campagne d’arrachage de la plante en forêt de Fontainebleau, à titre expérimental. Il semble que cet arrachage n’ait pas donné les résultats escomptés. Aussi, actuellement, il n’existe aucun moyen efficace de lutte. À l’échelle locale, d’un jardin par exemple, il faut supprimer les inflorescences, pour éviter la dissémination des fruits par les oiseaux.