Jussie
(Ludwigia peploides (Kunth) P.H. Raven, famille des Onagracées)


Description
Plantes aquatiques enracinées, immergées ou émergées, pouvant former des herbiers denses, presque impénétrables. Tiges allongées rougeâtres pouvant atteindre 6 m de long (pour un diamètre de 7 à 10 mm) lorsqu’elles se développent sous l’eau, et 80 cm de haut lorsqu’elles sont dressées au-dessus de la surface de l’eau. Deux types de racines : les unes servant d’organes d’absorption des nutriments et de fixation dans le sol, les autres étant des racines adventices émises par les tiges et assurant la flottaison, l’alimentation en oxygène et facilitant la reprise des boutures.
L’espèce L. peploides diffère de L. grandiflora (tout aussi envahissante) par des feuilles pétiolées, des limbes plus courts et dont seules les nervures de la face inférieure sont poilues, contrairement à L. grandiflora dont les feuilles sont velues sur les deux faces.
La floraison se produit de juin à septembre. Les fleurs, d’un jaune vif, sont très spectaculaires.
Répartition
Centre d’origine : Amérique du Nord.
Elles ont été introduites pour leurs qualités esthétiques (ornementation d’aquariums et de plans d’eau). Signalées pour la première fois dans la région de Montpellier, elles sont actuellement présentes dans la France entière. Elles privilégient les milieux humides stagnants ou à faible courant.
En Corse, l’espèce L. peploides a été observée pour la première fois en juin 2007 par Alain Delage (professeur au lycée agricole de Sartène) dans les bassins de lagunage de l’aéroport de Figari, puis dans un ruisseau traversant les champs d’un éleveur de la région. [Les bassins de lagunage montrent, en outre, une importante quantité de jacinthes d’eau Eichhornia crassipes (Mart.) Solms, autre espèce très invasive].
Nuisances
Les jussies sont les plantes envahissantes aquatiques posant le plus de problèmes actuellement en France. Elles entrent en compétition avec la flore locale (les nénuphars, par exemple) et entraînent une baisse de la diversité végétale. Là où leurs herbiers sont très denses, ils peuvent modifier les caractéristiques physico-chimiques des eaux. Ce phénomène peut fortement limiter la vie animale des milieux aquatiques.
Moyens de lutte
Les moyens pour contrôler les jussies diffèrent selon l’importance des populations : arrachage manuel au début de l’envahissement, arrachage mécanique quand l’envahissement est plus important, création d’assèchements estivaux, pose de filtres sur les cours d’eau (permettant de contrôler la propagation éventuelle des boutures).
En Corse, une journée d’arrachage manuel de L. peploides a été organisée par le Conservatoire Botanique Corse et la DIREN, à Figari, le 22 juin 2007, avec pose d’un filtre en aval du ruisseau colonisé. Cet arrachage sera renouvelé plusieurs années de suite.