Asperge à feuilles de myrte
(Elide asparagoides (L.) Kerguélen, famille des Liliacées)


Description
Plante pérenne, dont la partie souterraine est un rhizome de petit diamètre (0,5 cm), à entre-nœuds très courts et portant de très nombreuses racines tubérisées. La partie aérienne apparaît aux premières pluies d’automne. Elle est constituée de tiges volubiles, pouvant atteindre 2,5 m de haut. Ces tiges émettent de nombreuses ramifications mimant des feuilles et nommées cladodes. Ceux-ci ont la forme des feuilles de myrte. Ils mesurent 2 à 4,5 cm de long sur 0,8 à 2 cm de large.
En février et mars, les cladodes portent de petites fleurs blanches à 6 tépales. En avril, chaque fleur donne un fruit, qui est une petite baie globuleuse (de 0,7 à 1 cm de diamètre), d’abord blanchâtre, puis noir rougeâtre, collante à maturité et comportant de 2 à 6 graines noires. La plupart des pieds produisent un très grand nombre de fleurs et de fruits. Les oiseaux paraissent être les agents de dissémination des semences. La partie aérienne se dessèche à la fin du printemps.
Répartition
Contrée d’origine : Afrique du Sud.
Cette asperge a été introduite volontairement comme plante ornementale dans beaucoup de pays où elle s’est naturalisée puis est devenue une plante envahissante : ouest de l’Australie, sud-ouest de l’Europe (Açores, Portugal, Sicile, Alpes-Maritimes, Var et Corse).
En Corse, elle est abondante à Ajaccio (où elle a été introduite par un horticulteur en 1900), à Tiuccia et à L’Île-Rousse et ses environs. Elle colonise les bords des routes et de chemins, les thalwegs, les lisières de maquis et des parcelles en friche ou ayant subi des incendies.
Nuisances
Par son important volume aérien, elle gêne des espèces ayant le même cycle de vie mais qui ne sont pas aussi bonnes compétitrices, telles la prasie (Prasium majus L., Lamiacée), liane sarmenteuse thermoméditerranéenne, rare en Corse. Ainsi, dans les talwegs situés de part et d’autre des carrières du Scudo (ouest d’Ajaccio), tous les pieds de P. majus qui, en 2002, étaient recouverts par les « draperies » d’E. asparagoides, ont disparu depuis.


• Paradis G., 2002, “Expansion à Ajaccio de l’espèce introduite Elide asparagoides (L.) Kerguélen (Asparagaceae)”, Le Monde des Plantes, 476, p. 16-20.
• Paradis G., Hugot L., Delage A., 2007, “Contribution à la connaissance de la répartition de Prasium majus L. (Lamiaceae) en Corse”, Journal de Botanique de la Société botanique de France, 38, p. 37-48.
• Paradis G. & Piazza C., 2004, “Précisions sur les stations d’Elide asparagoides (Asparagaceae) à L’Île-Rousse et Tiuccia (Corse occidentale)”, Le Monde des Plantes, 482, p. 1-2.